Cher Germinal,
Je me réjouis chaque fois de l’ardeur que tu manifestes dans ta pratique quotidienne, et je t’affirme que c’est ainsi qu’il faut procéder quelles que soient les circonstances.
Nous devons devenir notre « propre sujet d’étude » et cela se réalise dans ce que nous appelons « notre vie ».
Notre vie avec ses inévitables situations opposées n’est que le théâtre grâce auquel nous pouvons parvenir à l’auto-connaissance.
L’auto-connaissance est un mot générique qui inclut toutes les facettes du travail psychologique que sont l’auto-observation du mental (le mental est l’ego en soi), le rappel de soi, la clef de SOL, la compréhension, l’illumination, la dissolution du moi, etc…
La clef du SOL, tout comme n’importe quel autre aspect du travail intérieur, est étroitement liée à notre profondeur psychologique.
Au commencement, nous abordons ce travail avec les moyens dont nous disposons, notre niveau d’être, ce qu’en vérité « nous sommes ».
Idéaliser le travail est une erreur, car les idéaux - en projetant ce qui doit être - nous empêchent de partir du lieu où nous sommes.
Je pense qu’il est une erreur de projeter l’idée que « je dois être capable d’être en observation de moi-même tout au long de la journée » alors que nous en sommes profondément incapables, alors que nous sommes pétris de pensées contradictoires, d’envie, de désir, de peur etc…
Cette erreur se traduit par une guerre ouverte dans notre mental divisé, une guerre où il n’y a aucun espace pour la compréhension de soi.
Il est très délicat de comprendre cela, surtout lorsque nous lisons que l’auto-observation se réalise toujours seconde après seconde, instant après instant.
C’est que nous manquons de profondeur psychologique, de profondeur de vision, pour comprendre que ce n’est pas en projetant un état idéal de travail sur soi que nous allons y parvenir.
Mais peu importe, il nous faut commencer au point de départ et naturellement ce point de départ est inévitablement contaminé par la pensée et l’intellect qui la produit.
Tout comme un archéologue, il va nous falloir apprendre à creuser, à excaver notre terre psychologique, à séparer le subtil de l’épais.
Nous allons d’abord constater plus ou moins confusément qu’il est très difficile d’être présent à soi-même.
À mesure que le champ de notre vision augmente, nous allons constater qu’en vérité nous ne le pouvons pas, qu’il nous est impossible d’être en "rappel de nous-mêmes" tout en étant conscient de nos processus psychologiques.
Le Bouddha Maitreya rapporte à ce sujet le commentaire lumineux du Maître Ouspensky :
http://www.don-et-compassion.com/collie ... -meme.html
Comme corollaire, nous allons constater qu’il nous est impossible de vivre le moment présent.
Vivre le moment présent signifie être illuminé, signifie être conscient au delà des affects et du mental.
Il n’est pas simple de comprendre que, même si nous pensons être endormis, pensons nous « laisser avaler par la vie » ou pensons rester «présents à nous-mêmes », nous ne faisons toujours que penser, mais nous ne sommes pas conscients de nous-mêmes, nous ne sommes pas conscients d’être présents ou absents !
Notre vision intérieure, si nous la cultivons dans la pratique, augmente et s’affine au fur et à mesure.
Le jour où nous comprenons que nous ne sommes pas conscients de nous-mêmes est un jour béni.
Que ton cœur ne défaille pas devant cette difficulté, car cette situation est inévitable.
Au départ nous nous "efforçons" tous d’être en rappel de soi et nous n’avons pas le choix.
Mais il est vital de comprendre que s’efforcer n’est pas être !
S’efforcer est une réaction violente à quelque chose, et créé un conflit dans le mental.
Il est impossible « d’être » dans la bataille du mental.
Etre n’exige aucun effort, être c’est voir la réalité telle qu’elle est, être c’est la vision éveillée qui surgit de l’expérience du vide.
Lorsque nous sommes dans l’être, il n’y a plus d’obstacle dans notre mental qui nous empêche d’être à ce que nous sommes en train de faire et la clef de SOL n’est plus que l’expression de cet état de plénitude.
C’est précisément en défaisant tous les liens qui nous attachent au mental que nous pourrons vivre pleinement présent ici et maintenant, que nous pourrons exploiter les clefs merveilleuses transmises par l’Avatar du Verseau.
« Vivre présent » requiert donc une immense lucidité, une compréhension du processus global de la pensée et de ses causes.
La Méditation avec son étude spécifique des mécanismes de la pensée permet d’accroitre notre vision intérieure et d’accélérer la compréhension.
Je conclurai par ce rappel si important que la doctrine de l’éveil est la doctrine du cœur.
Le cœur est l’élément central qui nous permet de nous relier à notre Etre Divin.
Plus nous renoncerons à nous-mêmes, plus nous nous humilierons devant notre Dieu Interne, plus nous recevrons l’assistance Divine sans laquelle aucun progrès spirituel n’est possible.
Enfin, pour répondre à ta question sur le saut, il est bien évident que sauter en présence de ses camarades est quelque peu saugrenu. Sauter, tu l’as bien compris n’est pas quelque chose de mécanique et la « qualité » du saut est plus importante que sa quantité.
Trouver le moment juste fait partie de ton apprentissage.
Ouvre ton cœur à ton Dieu Intérieur, renonce à toi-même, et tu découvriras comment poser délicatement ton attention à l’intérieur de toi-même.
Ton Dieu sera là et alors tout sera différent.
Paix & Lumière
L.